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Jacques Halbert, Cerises, au château de Montsoreau – musée d’art contemporain exposition du 10 juillet au 13 novembre

“Le sujet n’est peut-être pas si essentiel,
c’est pourquoi je pourrai peindre des cerises toute ma vie”.
(Jacques Halbert)


Le monochrome à l’épreuve de la pornographie
En 1975, alors qu’il a vingt ans, Jacques Halbert rédige un texte fondateur de sa démarche artistique :  « Comment peindre une cerise ». Il y décrit étape par étape le processus de fabrication d’une peinture de cerise, avant de conclure malicieusement « Si vous avez suivi à la lettre ces conseils, vous avez sous les yeux une magnifique cerise peinte par vous. Vous êtes donc un artiste. » Ce texte est doublement fondateur, premièrement parce qu’effectivement Jacques Halbert va peindre inlassablement cette cerise toute sa vie, mais aussi parce qu’il conçoit sa peinture comme un outil pour modifier fondamentalement le rapport que les gens entretiennent traditionnellement avec l’œuvre d’art.

Le sujet « cerise » est banal, voire affligeant si on le replace dans le contexte du milieu de l’art des années 1970, alors que l’art minimal et l’art conceptuel règnent en maitres incontestés. Pourtant, tout le monde aime les cerises. Elles sont annonciatrices de l’été, des fêtes d’enfance, elles sont brillantes, juteuses, sucrées, rouges. Elle est aussi un prénom féminin, ses formes sont suggestives, et sa couleur ramène à celle d’un cuir laqué. Confronter la cerise avec la peinture la plus sophistiquée que l’art moderne ait produit, c’est-à-dire le monochrome, deviendra pour Jacques Halbert le chainon manquant entre l’art et la vie.
Dès lors, Jacques Halbert n’a de cesse de mettre à l’épreuve, de déstabiliser, de fragiliser le monochrome à l’aide de ce mode opératoire systématique à la précision chirurgicale. Il décline ce motif figuratif selon des rythmes réguliers ou des compositions aléatoires, et poursuit depuis quarante-cinq ans une œuvre minimale qui engage le visiteur dans une profonde redéfinition de la peinture.

La cerise, de prime abord candide, est porteuse d’une violence que souligne sa couleur rouge carmin, couleur du danger. Comme une goutte de sang indélébile, ou une tache de rouge à lèvres sur une surface immaculée, elle est le geste interdit qui vient ébranler la pureté du monochrome, lui enlever son mystère, désacraliser la peinture.
Cette dualité de la cerise, est énoncée ainsi par Jacques Halbert : « Le sujet n’est peut-être pas si essentiel, c’est pourquoi je pourrai peindre des cerises toute ma vie. ». Essaimées sur le monochrome, comme autant de mines sur un terrain vague, elles sont les prolégomènes d’une conception radicale de la peinture contemporaine.

L’œuvre de Jacques Halbert est marquée par l’ambivalence du langage et du monde. Son départ pour les Etats-Unis ne faisant qu’amplifier le trouble. Alors qu’en France ce motif se trouve avoir une charge érotique en plus d’être un prénom féminin, aux Etats-Unis le mot « Cherry » désigne en même temps le fruit, mais aussi très précisément le sexe de la femme. Le chaste monochrome est victime d’attaques pornographiques qui consistent à « peindre des cerises, partout, tout le temps, et ne penser qu’à ça ». La queue de la cerise, toujours associée au fruit, complexifie et amplifie la portée pornographique de l’œuvre, comme dans Il aime les cerises (1977) où le genre du modèle bien que clairement énoncé dans le titre, est remis en question par sa représentation.

Le bon goût
Son penchant pour la mise en scène de son personnage provoque une adhésion immédiate de la part des artistes New Yorkais de Fluxus et du Eat Art, mais la densité de sa mythologie individuelle fait qu’il est difficile de le rattacher à un mouvement artistique.
Propriétaire successivement de l’Art Café à New York (1985) qui devient le lieu de rendez-vous de l’avant-garde artistique (Ben Vautier, Jeff Koons, Daniel Spoerri, Andy Warhol, François Morellet…), puis de la Magnifik Gallery à Brooklyn où il expose Nicolas L., Olivier Mosset, Carolee Schneemann ou Alison Knowles, Jacques Halbert n’a de cesse de défaire, de déconstruire l’idée dominante de l’artiste comme prescripteur du bon goût. Son œuvre, libre et affranchie des conventions, parodie et dénonce la conception bourgeoise de l’art selon laquelle l’artiste serait le garant d’une définition du Beau, il définit lui-même cette posture néo-dadaïste comme « un manifeste du bon goût ».

Just a bowl of cherries
Jacques Halbert élabore une œuvre prolifique, vivante et festive qui interroge la valeur de l’art, son intérêt ou son importance. Confrontant simplement l’art et la vie, son œuvre plonge le visiteur dans une balade vers la création permanente. Dans Fashion Passion, film réalisé pendant le New York Fashion Show, dans l’effervescence créative du New York underground des années 80, le corps remplace le monochrome et sert de support à la peinture, créant une confusion entre érotisme, fête de village et genre sexué.
Questionner les arcanes de l’art et de la vie, avec un sérieux jamais dénué d’humour, lui permet d’évoquer les limites de notre condition et du rôle de l’artiste dans le processus créatif.
Nous serions tentés de conclure, comme dans la chanson Life is just a bowl of cherries : «Don’t take it serious / it’s too mysterious ».

Jacques Halbert . Cerises
Conçue par Alain Julien-Laferrière comme volontairement non rétrospective, l’exposition monographique de Jacques Halbert, Cerises, au Château de Montsoreau – Musée d’art contemporain propose au visiteur une plongée au cœur de l’œuvre d’une personnalité hors-normes de l’art contemporain, marquée par les interventions de l’artiste dans l’espace public et ses confrontations au monochrome. Des archives, dessins, croquis de la première salle à l’intervention in situ et all over de la dernière salle, l’exposition développe l’œuvre de Jacques Halbert, complexe, libre et cassant les codes de la peinture moderne. Elle montre la répétition inlassable du motif, les décalages, les déclinaisons, et précise son rôle dans les investigations et l’œuvre de Jacques Halbert.


Commissariat : Alain Julien-Laferrière
Ouvert 7j/7j de 10h à 19h château de Monstoreau – musée d’art contemporain : passage du marquis de Geoffre 49730 Monstoreau https://www.chateau-montsoreau.com

Chocolart, 1978/2020, diverses techniques, 120 x 77 cm.

Château du Rivau, Léméré – Le goût de l’art, l’art du goût, jusqu’au 1er novembre 2021.

Exposition collective avec : Pierre Ardouvin, Jean-Pierre Bertrand, Hilary Berseth,Armelle Blary, Corine Borgnet, Lilian Bourgeat, Denis Brihat, Changki Chung, Mat Collishaw, Marie Denis, Damien deroubaix, Mark Dion, Lionel Esteve, Richard Fauguet, Jacques Halbert, Cécile Hartmann, Dorothy Ianone, Ali Kazma, Kim KototamaLune, Rachel Labastie, Violaine Laveaux, Hervé Le Nost, Taikun LI, Saverio Lucariello, Julia Malinowska, Fabien Merelle, Antoni Miralda, Marlène Mocquet, David Nicholson, Vincent Olinet, ORLAN, Irving Penn, Till Rabus, Antoine Roegiers, Satoshi Saîkusa, Dorothée Selz, Georgio Silvestrini, Cédric Tanguy, Gavin Turk, Fabien Verschaere, Patrick Van Caeckenberg, Sung YeonJu

Pour fêter ses 20 ans d’ouverture au public, le château du Rivau a choisi de célébrer l’énergie et la vitalité des belles années de jeunesse autour du thème du goût.

https://www.chateaudurivau.com/fr/art-expo-rivau-2020.php


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Musée de la vie romantique, Paris – Coeurs du romantisme dans l’art contemporain, jusqu’au 13 septembre

Avec : Martine Aballéa, Pilar Albarracín, John M. Armleder, Gilles Barbier, Ronda Bautista, Sophie Calle, Hsia-Fei Chang, Delphine Coindet, Jim Dine, Jacques Halbert, Oda Jaune, Ouka Leele, Philippe Mayaux, Annette Messager, Marc Molk, Mrzyk & Moriceau, Claude Nori, Vincent Olinet, Jorge Orta, Jean-Michel Othoniel, Françoise Pétrovitch, Pierre et Gilles, Sarah Pucci, Agatha Ruiz de la Prada, Niki de Saint Phalle, Ida Tursic and Wilfried Mille, Luise Unger, Winshluss.

Le musée de la Vie romantique présente une sélection inattendue de 40 œuvres de trente artistes contemporains autour de la représentation du cœur comme expression du sentiment amoureux, en écho à l’une des thématiques phares du romantisme.

Commissaires d’exposition, Gaëlle Rio, directrice du musée et Maribel Nadal Jové.

I dit it my e-Busway, Nantes, Le Voyage à Nantes

Jacques Halbert peint sa première cerise en 1974. Il la déploie dès lors non seulement sur ses toiles, mais aussi dans la ville, sous forme d’autocollants, sur des palissades, des pancartes de manifestation, des véhicules, etc. Ce motif comme revendication de sa position artistique mène l’artiste de la peinture à la perfomance, de la France aux Etats-Unis. Avec humour et dérision, il s’efforce de relier l’art et la vie. De l’abstraction à la figuration, Jacques Halbert s’empare du e-Busway et l’habille d’un monochrome « qui cache son jeu », les cerises ne se dévoilant qu’à mesure qu’on s’en approche.

Jacques halbert painted his first cherry in 1974. Since then, he has spread them onto his canvases, his life and the city in the form of stickers, fences, protest signs, vehicles, and more. This motif as a political symbol of his artistic position has taken the artist from painting to performance, and from France to USA. With humour and derision, the artist does everything he can to link art to life. From the abstract to the figurative, Jacques Halbert takes over the e-Busway and clothes it in a monochrome that plays « hide and seek » with the spectator, since the cherries only reveal themselves as the bus approaches its destination.

La vue dans les lunettes

Du 15 novembre au 15 décembre 2019
Beaumard Optique, 30 rue du Portail Louis, Saumur, 49

C’est dans les vitrines de galeries, encadreurs et autres magasins qu’enfant puis adolescent j’ai découvert l’art (avant les livres); elles m’ont toujours attiré comme un aimant et c’est toujours vrai.
Quand Yoann Nielz, mon nouveau lunetier Saumurois m’a proposé d’occuper la sienne à Beaumard Optique, j’ai immédiatement accepté. Ni lui ni moi n’avions aucune idée de ce qui en résulterait. Je me suis rapidement souvenu avoir peint sur des lunettes en 1984 à New York pour mon vernissage à la galerie Gracie Mansion dans le East Village. 
Yoann, que je ne connaissais que depuis deux heures, me donna un sac plein de lunettes et nous partîmes sur l’idée que j’allais les peindre et les placer sur ses rayonnages parmi les montures de luxe. L’installation dans la vitrine a suivi avec des pinceaux peints et un hommage à Ben Vautier plein d’humour.
Dédiée à Raymond Roussel dont la lecture de « LA VUE » m’enchanta, cette installation fait également référence à mon ami Jean Dupuy qui avait montré une pièce intitulée « La vue dans la lunette » à la galerie Riedel à Paris au début des années 80. Cabinet de lecture s’il en fut, ahah, ohoh!!!! Toucher un large public de passants, avertis ou non, en sortant du cadre de l’exposition en galerie, musée ou centre d’art m’intéresse. J’avais fait, avec succès, une première expérience à Sète en 2007 dans une vingtaine de magasins ou j’avais placé des toiles lors de mon intervention au MIAM.
J’étudierai toute proposition de réitérer l’expérience dans des vitrines de boulangerie, charcuterie ou autres marchands de parapluies, à la seule condition d’avoir carte blanche.

Photo Nicolas Bruant

La mort ma bite, à Pierre Giquel

Exposition à la galerie l’Oeil Histrion à Caen jusqu’au 16 novembre 2019 3 rue Saint-Michel 14000 Caen www.oeilhistrion.com

Ceci n’est pas une (non-)cerise

Qu’ai-je vu de si caché que je ne saurais voir ? Le bleu n’était pas un fond, n’avait rien d’un fond, lui qui était tout plein, rond et repu et saturé de sa propre couleur, criard et bleu comme seul le bleu sait l’être.
On a presque cru que ce fond était la forme tant il était peu fond, peu en retrait (peu timide, un bleu clinquant et m’as-tu-vu), tant il saillait tant il surgissait ; et les cerises dessus auraient pu être tout autant fond, ou tout aussi peu fond ces formes pourtant rouges (rouges, elles l’étaient neuf fois), et délimitées et démarquées et cernées et détourées.

Pas un fond mais un bleu qui se tient là, devant le reste, et les cerises non pas dessus mais entre le bleu, comme si elles avaient dû se frayer une place, découper le bleu pour s’y loger (peut-être de force).
Rondes et neuf fois rouges, et à l’âge de la reproductibilité, dix fois dupliquées et les dix copies encore re-produites, plagiées, à elles-mêmes leur propre plagiat, ne différant les unes des autres que par leur degré de ressemblance, de voisinage, de parenté, dix fois dix sœurs, siamoises, ou cousines germaines. Mais une fois une cerise pourtant est grise, ou elle a la tête à l’envers et la queue en l’air : comme une cadette malade, une petite dernière pâle ou esseulée.

Mais les cerises n’étaient pas des cerises.
Du moins pas ces cerises qu’on trouve sur les cerisiers, ni bigarreaux ni griottes ni burlats ni sur aucuns gâteaux, ni sur les étalages (car elles sont intrinsèquement leur propre étalage, elles sont façade vitrine devanture d’elles-mêmes et en elles-mêmes, comme si une publicité s’auto-vantait, était tout à la fois la publicité et son propre produit, se vantait en abîme), cerises de publicité, cerises publiques (comme
on dit filles publiques), cerises plastifiées, parachevées, et toutes bien que duplicata, toutes prototypes, chacune prototypes, chacune étalon, chacune l’originale des autres.
Cerises à la fois immangeables et appétissantes, appétissantes parce qu’immangeables : et jamais ni gâtées ni pâteuses ni talées :
une seule est grise, on l’a dite, la cadette, qui au bout de la bite, lévite, queue en l’air.

Et ni les bites ni les langues ne sont celles-ci sucées, celles-là suçantes, ni vice ni versa,
pas d’envers, tout est faux, mais tout est dit.
Il ne faudrait pas chercher à retourner le tableau : on ne trouverait au dos que son châssis.
Il n’y a rien de caché.
Pas de rébus, pas de chiffre secret, rien d’occulte : radical exotérisme, voici ce que voici, esse es percipi, ce qui est est, ce qui est perçu est tout entier dans sa perception, il est épuisé dans sa donation : et si on retourne une cerise, on risque juste d’abimer la peinture.

Mais des figures étaient cachées et qui riaient.
Des têtes de morts et des bites et des bouches.
Et l’œil a besoin d’un certain laps de temps pour voir dans le noir surgir en chair et en os les squelettes les glands, les langues, les chairs et les os. Il y a quelque chose à découvrir sous les apparences.
Mais même ces cachotteries, ces trompe-l’œil, étaient en quelques sorte pré-visibles, et les enfants farceurs sont mal cachés derrière les rideaux et tout est déjà divulgué, exhibé, proclamé ; et sans avoir vu, c’était déjà tout vu. Pas d’imposture, la découverte est découverte mais personne n’était dupe, ou le mystificateur était aussi son dupe, il est agent et patient, ou c’est un canular qui se montre en tant que canular, ou un mensonge pour de rire et toujours déjà tout prêt à se dénoncer, un mixte exact d’innocence et de duplicité.

Et en même temps il faut bien dire le contraire. Si tout est là, exhibé, donné, s’il n’y a rien qui se trame sous cape, dans les pores des toiles, si tout est rendu, poignets tendus, bas les masques et bonnes intentions, il reste que les cerises, en vrai, n’étaient pas des cerises.
Non qu’elles fussent cerises de pacotille, ou moins cerises que pruneaux, fruit hyperbolique et métempirique, ou rébus, ou signe, ou allégorie de quoi que ce soit (rien n’est vanité), non qu’elles fussent autres qu’elles-mêmes, mais cet extraordinaire : elles étaient à la fois tautologiques et duplices.
Duplices au moment même où leur tautologie était établie, arrêtée, assurée. Il y a quelque chose dans cette cerise pléonastique et schizophrénique, qui n’affirme plus la réalité ontique de quoi que ce soit, ni cerise ni pipe et ni fellation, et qui ne dit jamais : « il y a », mais désigne une extra-diégèse notionnelle, infra-monde im-monde bien que bien mondain, à la fois in et out.
Rien dans les mains rien dans les poches, et pourtant quelque chose d’autre tout à la fois ici et ailleurs, présent et absent. Ce n’est rien d’autre qu’une cerise, mais ce n’est pas une cerise. C’est le quod et le quid, où la copule « et » est impensable ; c’est une cerise de peinture c’est entendu, (ces peintures intitulées « Peinture ») mais quant à la peinture-de-cerise, elle est elle-même, purement et simplement, si bien qu’on ne peut plus dire : ceci est une peinture de cerise, car alors le motif de la cerise est si controuvé, si tout de toc, si plastifié qu’il en redevient absolument authentique. C’est sa
couleur, son fard qui prouve qu’elle a un noyau.
On sait comme les vendeurs recouvrent les fruits de vernis pour qu’ils soient plus lisses et polis et lustrés. Rouges aux joues, queue en l’air, vantardes ces cerises sont aussi maquillées (mais une est grise, la petite malade, la petite sœur exsangue et elle dit « je suis une putain qui s’est retirée dans le coin de la chambre avec le sexe de la mort plein la bouche, je suis une putain qui s’est retirée dans le coin de la chambre avec le sexe de l’amour plein la bouche » (Loui Arti.)

Les autres les grandes sœurs (car ce ne serait qu’une belle obsession monoïdéique mais non, la cerise est plusieurs, elle est plusieurs unités, et elle est plusieurs en une) ; voyons cette autre (la même différente), c’est une coquette à qui on aurait dit quelque chose au creux de l’oreille qui fait semblant de s’enfuir à toute jambes, rougit (neuf fois), mais subrepticement se retourne et vérifie qu’elle est suivie.
Elle est suivie.
La mort est là, toutes dents dehors louve guettant les petits chaperons.
Si le jeu est puéril, le fait de jouer, lui, est très sérieux.

L’être amphibie de cette cerise, fruit bifrons, qui est encore là toute dans la démonstration outrageuse de son image qui est tout elle, (quand sa confusion est sa clarification), cette (non-)cerise effrontée, nue, comme un ver, et précisément sans aucun vers dans aucun fruit, précise et cise dans le bleu, comme prise dans la glace d’un non-ciel qui ne couvre pas bien les bites et les langues qui le composent, qui font son (non-)fond, cette (non-)cerise est une monade à la monadologie bien huilée : fond sombre et formes déclarées, distinguées, ou sans formes ni fond ou que forme et fond se confondent, cette (non-)cerise enfin était peut-être une équivocité sans équivoque ; et j’ai vu l’invisible : ce qui, dans la cerise, entrelace l’être et le non être.

Marianne Pistone

FIAC 2019 « The pope of cherries »

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